By Douglas Farrow
Professor of Christian Thought
McGill University
Professor of Christian Thought
McGill University
Notre collaborateur Douglas Farrow commente brillamment le document intitulé « Ensemble vers l’égalité sociale : Politique québécoise contre l’homophobie », publié par le gouvernement du Québec en décembre 2009. Ce texte officiel est évidemment consternant. Il constitue un bel exemple de cette espèce d’inversion du bien imaginée, conçue, imposée par une classe de pseudo-experts dont le discours prévisible, indigent, monotone est surtout négateur de ce que Le Play nommait la constitution essentielle de l’humanité, une constitution non écrite qui inclut, cela va de soi, « l’affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale », pourtant qualifiée par nos savants technocrates d’hétérosexisme. Au premier abord, un État qui succombe à une pareille crise d’antiphysie et professe une doctrine aussi absurde n’a plus droit, je ne dis pas à notre respect, mais à une quelconque forme d’obéissance, même froide et distante. La seule hypothèse honorable qui épargnerait de la parfaite ignominie morale les deux complaisants préfaciers de ce morne pensum que sont le premier ministre Jean Charest et sa ministre de la Justice est l’imbécillité. Heureusement – et voilà une sorte de consolation –, ils ont probablement cette excuse et les deux misérables parlementaires qui ont salué ce document hystérique, puéril, pompier, aberrant, involontairement comique, et comme issu de l’accouplement prolixe en sentences saugrenues d’un Bouvard et d’un Pécuchet invertis, ignorent certainement la portée d’un tel agrément de leur part. Indignes, sans doute, des hautes fonctions qu’ils occupent, n’oublions pas qu’ils les trahissent le plus inconsciemment du monde et nommons leur erreur sottise plutôt qu’idéologie. Ces gens-là, loin d’être des radicaux, ne méritent guère le nom de complices, puisque ce sont d’abord et avant tout des idiots utiles. C’est pourquoi il faut leur pardonner : ils ne savent pas ce qu’ils font, ni ce qu’ils disent, ni d’ailleurs ce qu’ils lisent. On peut parier qu’ils ont parcouru d’un œil distrait ce que leurs fonctionnaires ont écrit pour eux dans ce style bigot, appliqué, terne et indéfiniment imitable qui est le fruit typique de la diplomation et de l’inculture modernes. Retenons comme unique exemple de cette prose à la fois fade et inintelligible, qui ne ressemble à rien de ferme ou de vivant, cette phrase asthmatique de notre ministre de la Justice : «L’enjeu est primordial, puisqu’il s’agit du droit de toute personne de s’épanouir et de participer pleinement à toutes les dimensions de la vie en société, peu importe son orientation ou son identité sexuelle.» Je me répète avec enchantement depuis plusieurs jours ce verset prophétique, soporifique et verbeux d’un évangile subjectiviste proclamé par des apôtres aussi sentimentaux que tyranniques. Le quasi-silence qui a entouré l’annonce de cette politique au service de l’idéologie homosexuelle illustre combien la primauté de l’affectif sur le bien commun que notre ministre de la Justice considère comme une bonne nouvelle est de moins en moins remise en question chez nous : l’indifférence des uns, la stupidité des autres, la pusillanimité de tous soulignent le délabrement d’une société civile incapable de répondre par le rire, la raison, l’invective à ce qui veut la détruire. Bonne lecture (cliquer ici pour télécharger l'article de Douglas Farrow)!
Jean Renaud
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